Tout concourt à rendre le peuple partisan ; mais tout s'oppose à ce qu'ils soient humains, raisonnable, vertueux, voir audacieux.

Une certaine raison politique ce soir, me semble avoir eu pour objet de rétrécir l'esprit des hommes et par la même leurs cœurs.

Cet aveuglement, cette démagogie, participent largement à consolider l'acceptation du système de bipolarité que l’on nous inflige depuis des mois et des années, par voix médiatique dans notre beau pays.

La maturité d'un peuple en démocratie suppose qu’un jugement doit être étayé par des informations concrètes, par des expertises et des expériences.

Les médias se sont contentés principalement du sensationnel des faits divers, n’abordant que très rarement les grandes problématiques que tout gouvernement doit affronter.

Les Français sont des «veaux» et d'éternels Sans- culottes, disait De Gaulle.

La lutte des partis traditionnels, n’a pas fait de place à la possibilité d’une coalition.

Pourtant, 55 pour cent des Français évoquaient avant ce premier tour, le désir d’une coalition gauche droite type Merkel.

La coalition de principe que ces parties dit traditionnels ont eu pendant cette campagne de premier tour, à eu raison de la peur que ce type de gouvernement tombe dans l'inertie.

Pendant des dizaines d'années, sous la cinquième république, on a cru que l'opposition droite gauche était justifiée par un fossé énorme entre les "forces" de gauche et "forces de droite".

Et puis il y'a eu 1981...

Les cohabitations : un président de droite avec un premier ministre de gauche, un président de gauche avec un président de droite, les deux ont été essayés.

Et ce soir les résultats sont là : les français ont-ils eu peur de reproduire ces situations ?

Mais il est vrai que le système français n'a rien à voir avec le système allemand, fédéral et parlementaire.

La nécessité d'une "coalition" à l'Allemande n’aurait donc pu survenir que dans un cas extrême, et à premières vues, et selon la réplique du vote des français, cette situation n’est donc pas encore atteinte.

Alors ne comparons plus l'incomparable… Cqfd…

Par ailleurs, la culture politique française à toujours était une culture d'affrontement, d'opposition violente, de crises, de démissions, de portes qui claquent, de dissolution, et du pouvoir de la rue...

Ce n’est pas une culture de coopération entre partis politiques : ceux qui accepteraient cette logique seraient vite traités de "collabos" et de traîtres à la cause de l’autre, car pour plagier l’un des finalistes, si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi…

Pourquoi ne pourrait-on pas être en politique du côté des idées plutôt que des amitiés ?

Pourquoi ne pourrait-on pas s'encarter à deux partis (ou plus) ?

Pourquoi ne pourrait-on se réunir sur nos 80% que l'on partage plutôt que de nous combattre sur les 20% qui nous divisent ?

Aurais-je eu le tort de croire que les Français avaient enfin acquis la maturité nécessaire et propice, qu’ils préféraient s'opposer plutôt que de débattre et agir ensemble…

Ils n’y sont donc pas encore tout à fait prêt...

Les résultats de ces votes m'étonnent malgré tous positivement, avec cette formidable participation citoyenne, dut peut être au précédent du 21 avril 2002, à un admirable engouement pour cette responsabilité démocratique ou à ce vote dit « utile » : ou peut-être les trois ensembles

Devant tout pouvoir qui exige allégeance et sacrifices de toute nature, la tâche du penseur est l'audace, l'intrépidité, l'impertinence, l’indocilité et l'insoumission.

Vigilant et indocile, et bien que convaincu du caractère désespéré de sa tâche, il se doit d'incarner la résistance devant le Léviathan, qui contribue à fonder la politique sur la vérité effective des choses, et ses porteurs d'eau.

Pour être heureux, devons nous devenir impie et athée en matière politique, en cultivant par la même l’inconscience ?

Je ne le souhaite pas…

John Stuart Mill disait d’un État qui rapetisse les hommes pour en faire des instruments dociles entre ses mains, même en vue de bienfaits, que rien de grand ne saurait s'accomplir.

Soyons donc vigilant à l’égard des deux finalistes, car malgré ma déception du moment, je ne deviendrais pas ce dévot qui, sous une reine ou un roi athée deviendrait lui même athée, car malgré tout le paysage politique a entamé sa mutation vers un changement qui sera peut être laborieux, certes, mais qui un jour, dans mon espoir, sera effectif